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TABAM.

La définition de la bande dessinée C'est quoi, exactement, une BD ?

Tu lis une image, puis une autre, et soudain une histoire prend vie dans ta tête. C'est quoi une BD, au juste ? Un art à part entière ou juste une suite de cases ? Derrière cette magie visuelle se cachent un professeur suisse, un gamin en chemise jaune et un agent secret.

Par le studio · · 5 min de lecture

Un carnet de croquis ouvert présente un dessin au trait noir en deux étapes. Sur la page de gauche, un personnage stylisé glisse sur une peau de banane, tandis que sur celle de droite, il est assis par terre, complètement sonné avec des étoiles autour de la tête.
Dessin du studio, style Ligne claire.

C'est quoi une BD ? Si tu poses la question à table, tu entendras parler de bulles, de planches, de super-héros ou de mangas. Pourtant, la définition tient à très peu de choses : des images posées l'une à côté de l'autre pour raconter quelque chose.

Qui a vraiment inventé la bande dessinée ?

On imagine souvent que la BD est née aux États-Unis avec les justiciers masqués, mais son acte de naissance est signé en Suisse. En 1827, un enseignant genevois nommé Rodolphe Töpffer dessine l'Histoire de M. Vieux Bois pour amuser ses élèves.

Il publie ensuite, en 1833, l'Histoire de M. Jabot, la première œuvre imprimée qui combine un texte et une succession ordonnée de vignettes gravées. Töpffer comprend très vite la force de son invention. Dès 1837, il écrit le mode d'emploi de ce format inédit : les dessins sans le texte n'auraient qu'une signification obscure, et le texte sans les dessins ne signifierait rien.

Huit ans plus tard, en 1845, il publie même l'Essai de physiognomonie, le premier traité théorique consacré à ce qu'il nomme la « littérature en estampes ».

Pourquoi appelle-t-on ça le neuvième art ?

En France, jusqu'aux années 1950, on parle de « récits illustrés » ou d'« histoires en images ». L'expression « bande dessinée », calquée sur l'américain comic strip, s'impose doucement. Mais le vrai titre de noblesse arrive en mars 1964.

Le critique de cinéma Claude Beylie signe un article dans la revue Lettres et Médecins. Il y propose de baptiser la bande dessinée le « neuvième art ». L'expression fait mouche, elle est reprise dans le journal Spirou à la fin de l'année, puis devient le titre d'un essai de Francis Lacassin en 1971.

Faut-il obligatoirement des bulles et du texte ?

Pas du tout. Le premier roman graphique américain moderne, He Done Her Wrong, publié par Milt Gross en 1930, compte près de trois cents pages sans un seul mot ni dialogue. Tout se lit par la pantomime et l'enchaînement des cases.

Pourtant, la bulle reste le symbole du métier. Les puristes l'appellent le phylactère. Avant de qualifier une bulle de BD, ce mot grec désignait une amulette religieuse, puis les boîtiers de cuir contenant des versets bibliques portés par les fidèles, et enfin les banderoles inscrites dans la peinture chrétienne du Moyen Âge.

La forme qu'on connaît s'installe dans la presse américaine à la fin du XIXe siècle. Le 25 octobre 1896, le journal New York World publie en couleur la série Hogan's Alley. Son dessinateur, Richard Felton Outcault, y systématise l'usage du phylactère avec une petite queue pointée vers celui qui parle. Avant ça, son héros, le Yellow Kid, affichait ses répliques directement imprimées sur le tissu de sa longue chemise de nuit jaune.

La vraie définition : le pouvoir de la séquence

Si le texte est facultatif, qu'est-ce qui fait l'essence de la bande dessinée ? Le théoricien français Thierry Groensteen parle de solidarité iconique. Une image de BD n'est pas faite pour être regardée seule, comme un tableau. Elle n'a de sens que parce qu'elle suit la précédente et annonce la suivante.

C'est cet agencement qui crée le récit, et c'est dans l'espace blanc entre ces images que le lecteur fait le travail. Tu as le droit d'écrire un roman sans la lettre E, ou de dessiner ta planche en Ligne claire sans aucune ombre. En bande dessinée, la seule règle absolue, c'est la séquence.

Les références

  1. Johann Peter Eckermann, Conversations de Goethe avec Eckermann, entrée du 4 janvier 1831.
  2. Scott McCloud, L'Art invisible, traduction française de Dominique Petitfaux, Vertige Graphic, 1999, p. 9.

Les questions qu'on se pose

C'est quoi une BD ?

Une bande dessinée est une forme d'art qui raconte une histoire grâce à une suite d'images juxtaposées. Le texte et les bulles y sont souvent présents, mais ils ne sont pas obligatoires : c'est l'enchaînement des cases qui crée le récit.

Qui a inventé la bande dessinée ?

Le Suisse Rodolphe Töpffer est considéré comme l'inventeur de la bande dessinée. Il publie l'Histoire de M. Jabot en 1833, la première œuvre imprimée qui combine un texte et une succession ordonnée de vignettes.

Pourquoi la BD s'appelle le neuvième art ?

L'expression a été inventée en 1964 par le critique Claude Beylie dans la revue Lettres et Médecins. Il a choisi le chiffre neuf en clin d'œil au héros de comic strip Agent Secret X-9.

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